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Les Comores sont pris dans une distorsion du destin

Les Comores sont pris dans une distorsion du destin
Les Comores sont pris dans une distorsion du destin : Ali Soihili n'est plus maintenant que les Comores ont besoin d'homme de sa trempe, ils ne trouvent qu'un colonel sans armée : le président putschiste.Piètre consolation !

Comment expliquer que le peuple comorien qui, hier a dansé la mort du Mongozi, regrette aujourd'hui, amèrement son absence ? La mentalité comorienne a-t-elle changé au point d'accepter ce qu'il n'y a pas si longtemps, elle considérait comme un crime de lèse-majesté ?

L'ambivalence des sentiments que le peuple comorien a envers Ali Soilihi vient du fait que, non seulement, à l'époque, le peuple n'était pas assez mûr, mais aussi de la médiocrité idéologique qui règne dans l'espace politique comorien.

En ce temps là, les comoriens en tant qu'entité propre et autonome, c'était une chose nouvelle. Ils avaient passé toute leur vie sous les ordres directs de l'oppresseur français, la seule chose qu'ils avaient pour eux et qui fondait leur identité était leur si précieuse tradition et leur sacro sainte religion.

Pendant longtemps ces deux éléments étaient le fer de lance des Comores, et du jour au lendemain, sorti de l'on ne sait où, un homme semblait vouloir les remettre en question. Pire, « il veut les abolir » leur dit-on. La conséquence logique ne pouvait être que l'opposition farouche et systématique à la politique soilihiste.

Faire table rase de la tradition et de la religion revenait à une négation de son être profond pour le comorien de l'époque : un crime de lèse-majesté. Ce qui explique les chants et la danse mortuaire, au tour du cadavre pas encore refroidi du Mongozi. Pourtant, de nos jours, on ne cesse de faire appeler au souvenir d'Ali Soilihi. Les comoriens auraient-ils compris et accepté le caractère indispensable d'un questionnement et d'une redéfinition de la tradition et de la religion ? Que nenni ! Rien n'a changé, ça continue encore et encore, ce sont les mêmes notables qui tiennent la tradition avec les mêmes vieilles pensées. Ce sont les mêmes dogmatiques religieux qui imposent leur conception de l'islam sans donner au peuple les moyens de le comprendre, mais en le lui enfonçant dans le crâne à force de récitations.

Le peuple comorien n'en appelle pas à Ali Soilihi le président et de fait à ses idées, ils en appellent à l'homme charismatique, celui qui était capable de les sortir de l'impasse dans lequel le pays se trouve. Il faut faire une différence entre l'homme et le programme. Les Comoriens regrettent l'homme d'action qui avait un projet et une destiné pour les Comores fussent-ils mauvais ou critiquables. Ce qui se passe actuellement n'est pas le signe du changement de mentalité des comoriens mais la conséquence logique de la soumission exécrable des dirigeants politiques à la France et la médiocrité idéologique qui règne au sein de la classe dirigeante.

Faire de la politique aux Comores, est devenu un gangsta-concours dans le lequel ce qui importe c'est de voler le plus possible en ayant le plus gros calibre et en se soumettant corps et âme au diktat français.

On reproche souvent à Ali Soilihi d'avoir commencé par dire « oui » à la France même si par la suite il leur a adressé un « NON » clair et ferme. Mais le Mongozi a pour lui qu'on peut penser que c'était un « oui » stratégique. Alors que ceux qui lui ont succédé au pouvoir ne connaissent que le « oui bwana » qu'ils adressent journellement à l'ambassadeur français aux Comores.

Les comoriens ne demandent pas un programme politique particulier, soilihiste ou autre, ils demandent avant tous un homme avec un programme. C'est la première étape, ils jugeront de la validité du programme proposé ensuite. Ils veulent un Politique comme le Comores n'en ont pas connu depuis trop longtemps, c'est-à-dire un vrai leader qui a des idées et qui se donnent les moyens de les appliquer. Les pleurs qu'on adresse aujourd'hui au fantôme du « Grand frère » du peuple ne sont dans la plupart des cas que des : « ras-le- bols des pseudos politiques qui s'investissent un matin président de la République en attendant un plus fort qu'eux ».

Les mentalités comoriennes n'ont pas encore connu de révolution, tout est encore à construire. La seule révolution qu'ils espèrent est dans le « faire de la politique » comorien ?
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# Posted on Monday, 27 August 2007 at 4:59 PM
Edited on Wednesday, 19 September 2007 at 8:58 AM

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